Les définitions peuvent changer d’un auteur à l’autre, toutefois on peut retenir les définitions standards suivantes :
- Digue : terme très général qui couvre la majorité des ouvrages de protection ;
- Jetée : désigne généralement un ouvrage touchant le rivage et s’avançant en mer,présentant ainsi un profil mouillé de chaque côté ;
- Môle : c’est un ouvrage généralement intérieur au port, mais peut également désigner une jetée dont le côté intérieur est exploité comme un quai ;
- Épi : c’est un ouvrage relativement court qui avance dans la mer depuis la plage ou depuis une autre digue, dont la fonction principale est d’interrompre le transit littoral de sédiments. En plus des épis classiques, on trouve aussi les épis en Y en L ou en T ;
- Brise-lame : ce sont généralement des ouvrages détachés du rivage, ils sont souvent émergents à la surface (au moins pendant la majeure partie du cycle de marée) et ils sont disposés approximativement parallèlement à la côte. Leur fonction est de réduire l’action de la houle et d’encourager la déposition de sédiments à l'arrière de l’ouvrage.
Suivant la
conception des ouvrages de protection contre la houle, qu’on va appeler par la
suite « digues », on distingue généralement trois types:
* Les digues
à talus ;
* Les digues
verticales ;
* Les digues
mixtes.
I/ LES DIGUES A TALUS :
I-1/ Définition :
Les digues à talus sont réalisées au moyen de matériaux rocheux et
blocs plus ou moins grossiers, arrangés globalement sous la forme d’un trapèze
qui va opposer à la progression de la houle une résistance d’autant plus efficace
que le massif sera élevé et peu poreux, elles sont généralement constituées des
parties suivantes :
- Le soubassement : sa mise en œuvre n’est pas systématique, il a pour rôle de rehausser le niveau d’assise de la digue dans le cas de grandes profondeurs, il est réalisé avec des matériaux moins coûteux généralement trouvés sur site(sable, galets,…) ;
- La fondation : éventuellement on utilise une couche de fondation pour assurer :
- Le réglage du terrain accidenté ;
- La transition entre les matériaux du terrain naturel (ou soubassement) et matériaux constituant la digue ;
- Répartition des charges de la digue sur le sol et homogénéiser les tassements.
- Le noyau : il constitue la grande partie de l’ouvrage, et il est généralement constitué de tout-venant de carrière (1/500Kg ou 1/1000Kg) ;
- La carapace : elle protège l’ensemble de l’ouvrage contre l’action de la houle, et elle est constituée d’enrochements naturels ou de blocs artificiels en béton généralement non armé, dont le poids est le facteur principal pour le dimensionnement.
- Les sous-couches (filtre support): elles se situent sous la carapace afin d’assurer une bonne assise de la carapace et la transition avec les couches en dessous.
- Le filtre (filtre de transition) : il se place entre les sous-couches et le noyau en tout-venant, afin d’assurer la transition entre les deux matériaux et de retenir le départ des matériaux fins du tout-venant ;
- La butée de pied : elle a pour rôle principale le calage inférieur de la carapace pour éviter le risque de glissement ;
- Le couronnement : situé sur la partie supérieure de la digue, c’est un ouvrage généralement en béton, il est souvent constitué d’une dalle horizontale servant de voie de circulation et d’un mur vertical appelé mur de garde permettant de limiter les franchissements.
- Le musoir : c’est l’extrémité de la digue, il est soumis à une action renforcée de la houle.
A noter que
plusieurs types de digues à talus peuvent être distingués :
I-2/ Introduction au dimensionnement des digues à talus :
a) La carapace :
La formule la
plus célèbre pour le dimensionnement des blocs de la carapace et la formule de
HUDSON :
Avec
:
W : poids
des blocs de la carapace en Tonne ;
Ps : masse
volumique du matériau de bloc de carapace en T/m3 ;
Pw : masse
volumique de l’eau de mer en T/m3 ;
a : angle
du talus avec l’horizontale ;
KD: coefficient
de stabilité ;
H : hauteur
de la houle incidente (H=H1/3).
Cette formule
s’applique généralement dans les conditions suivantes :
· Section courante d’une digue à talus peu ou
non franchissable ;
· Houle régulière
non déferlante ;
· Fond plats devant l’ouvrage ;
· Début de dommage ou faible dommage.
Afin de prendre
en considération l’effet aléatoire de la houle le LNH de France a proposé
d’introduire dans cette formule le H1/10 au lieu de H1/3 (H1/10
≈ 1.28 x H1/3).
Les blocs artificiels les plus utilisés au Maroc
-
Les Tétrapodes :
-
Les blocs cubiques rainurés :
-
Les acropodes :
b) Sous-couches
Les sous-couches sous les carapaces doivent vérifier les critères
suivants :
Avec : W50 = poids moyen
d’une catégorie donnée.
c) Filtres
Entre
la sous-couche et le noyau, il est souvent nécessaire de mettre un filtre, qui
a pour rôle d’assurer les deux fonctions suivantes :
- Fonction de rétention, afin d’éviter la migration des particules fines vers les vides du matériau grossier ;
- Fonction de perméabilité, en permettant l’écoulement libre de l’eau.
Plusieurs formules sont adoptées pour le dimensionnement des
filtres, la pluscélèbre est celle de TERZAGHI modifiée par POSEY :
A ces relations
on ajoute une condition afin d’éviter le risque d’érosion interne dans le
filtre qui est la suivante :
Avec :
Base : couche
de base à protéger ;
Dx
: la dimension du tamis pour lequel on observe x% de passant.
d) Modèle américain pour le pré- dimensionnement des digues :
(CERC)
Ce modèle s’applique aux houles non déferlantes :
II/ LES DIGUES VERTICALES :
II-1)
Définition :
Une
digue verticale est essentiellement composée d’un mur vertical monolithique ou constituée d’éléments assemblés entre eux destinés à renvoyer l’énergie de la houle par
réflexion quasi totale.
Ces digues
sont conseillées en eau profonde (>15m), vu la demande importante en matériaux rocheux dans le cas de digue à talus.
Ce
type de digue est en général posée sur un soubassement en matériaux de carrière
qui comporte à sa partie supérieure une couche de matériaux relativement petits
(inférieurs à 100 mm) destinée à faciliter le réglage.
Une
couche de protection en blocs est à prévoir sur le soubassement afin de
minimiser l’effet de la houle.
II-2)
Introduction au dimensionnement des digues verticales :
Le
dimensionnement de ce type de digue est le même que celui des quais, tout en
remplaçant les poussées des terres par l’action de la houle, qui peut être
calculée par la méthode de SAINFLOU.
II-3/ Digues verticales exceptionnelles :
Afin
de réduire l’aspect réfléchissant des digues verticales, plusieurs techniques
ont été élaborées, parmi les plus célèbres on cite :
III/ LES DIGUES MIXTES :
C’est
une combinaison entre les deux types de digues précitées, généralement à marée basse
elle se comporte comme une digue à talus, et à marée haute comme une digue verticale.
On
considère que c’est une digue mixte, lorsque la hauteur d’eau h disponible au-dessus
de la berme est inférieure à 1,5H (H : hauteur de la houle incidente). On
distingue deux types de digues mixtes :
- Digue mixte
verticalement :
- Digue mixte horizontalement :
IV/ AUTRES TYPES DE DIGUES :
D’autres
techniques sont plus ou moins utilisées pour la construction de digues, on cite
particulièrement :
IV-1/
Digues verticales perméables ou mur d’eau fixe :
IV-2/
Digues flottantes
IV-3/
Digues en palplanches
Digue en gabions de palplanches (Marina "Pez Vela", Costa Rica) |
| Digue en double parois de palplanches (Port de Swinoujscie, Pologne) |