Assainissement des bâtiments



I-Généralités :

Le but de l’assainissement consiste à recueillir et à évacuer le plus rapidement possible, sans stagnation les eaux polluées, sans pollution de l’air intérieur des bâtiments et du milieu récepteur.
  
Les eaux à évacuer
  • Les eaux usées (EU) :

Ce sont les eaux qui ayant servi à l'usage quelconque sont à envoyer en dehors de l’habitation. Elles comprennent :
 - Les eaux vannes        : Effluents provenant des toilettes et les cabines d’aisance.
 - Les eaux ménagères  : Effluents constitués des eaux de cuisine, de lessive et des salles de bain.

 L’ensemble des eaux vannes et les eaux ménagères sont dites eaux usées domestiques.

  •  Les eaux pluviales (EP) :
Elles proviennent des pluies et des neiges, elles sont recueillies en surface par les toits.

II-Assainissement urbain ou autonome :  

Les eaux collectées au pied du bâtiment au niveau des regards de façades sont évacuées vers le réseau d’assainissement urbain qui peut être :

1- Système unitaire (tout-à-l’égout) :

Dans le système de collecteur unitaire, les eaux pluviales et les eaux usées sont évacuées par une seule et même conduite qui se déverse à son tour dans tout-à-l’égout municipal. Dans certains cas, les eaux fécales doivent d’abord être traitées dans une fosse septique.

2- Système séparatif :

Dans le système dit séparatif, les eaux pluviales et les eaux usées sont évacuées par des conduites souterraines séparées se déversant ensuite dans des égouts séparés. De plus en plus souvent les eaux fécales doivent préalablement être traitées dans une fosse septique.


Tout à l’égout

Système séparatif 

Égout pluvial 

Assainissement autonome 



EP : eaux pluviales                   ES : Epandage souterrain                                                           
EU : eaux usées                        FTE : fosse toute eau                              
EV : eaux vannes                      FSVD : Filtre à Sable Vertical drainé






III- Réseau d’évacuations intérieures :

Ce réseau évacue les eaux domestiques depuis les divers appareils sanitaires jusqu’aux regards de façade. Il est composé successivement de :

- Siphons : C’est un dispositif obturateur hydraulique, placé à la sortie de tout appareil, qui empêche la communication de l’air vicié des égouts et des canalisations avec l’air des locaux habités sans gêner pour cela l’évacuation des liquides et des matières.

Il doit présenter une garde d’eau (hauteur d’eau tenue en réserve dans le siphon d’au moins 5cm). 



Le siphon 

- Collecteurs d’appareils : Ce sont des canalisations d’allure horizontale recueillant les EU ou les EV et raccordant les différents appareils sanitaires aux tuyaux de chute.

- Colonne de chute (tuyau de chute) : C’est la canalisation verticale qui recueille les eaux usées en provenance des différents appareils des différents étages, dont le nombre dépend de la disposition du plan et du débit à évacuer.
Les tuyaux de chute ou descentes en système unitaire (EU et EV sont regroupés dans une même chute) ou en système séparatif dans lequel EU et EV sont évacuées séparément.

- Descente des eaux pluviales : c’est la canalisation verticale qui recueille les eaux pluviales en provenance des toits. Elle est placée soit à l’extérieur ou à l’intérieur du bâtiment.

- Collecteur principal : Canalisation d’allure horizontale collectant les différentes chutes et descente d’un bâtiment pour les conduire à l’égout public. 






Le principe de l’évacuation







Constitution d’un réseau d’évacuation intérieur 


Constitution d’un réseau d’évacuation intérieur 



IV- Systèmes de ventilation :

Les tuyauteries de ventilation, dites primaires, sont celles qui prolongent les tuyauteries verticales d’évacuation afin de les mettre en rapport direct avec l’atmosphère. Les tuyauteries de ventilation, dites secondaires, sont celles qui empêchent l’aspiration de la garde d’eau des siphons en amenant l’air nécessaire pendant les évacuations. Le raccordement de ces tuyauteries doit s’effectuer à l’aval des siphons. Elles doivent être prolongées à l’air libre ou raccordées à la tuyauterie de ventilation primaire, 1m au moins au dessus de l’appareil le plus élevé.

- Le clapet aérateur :

Principe : c’est un dispositif qui permet l’entrée d’air dans les canalisations pendant le temps d’évacuation des effluents.














V- Les matériaux :  

1- Le PVC

Les conduites de PVC sont généralement grises, et vendues en longueur standard (4m). Elles peuvent résister aux produits chimiques d’usage domestique et à la chaleur jusqu’à 65oC. Le PVC se dilate s’il est soumis à des températures élevées : on doit tenir en compte lors de son installation en prévoyant des manchettes de dilatation.  

2- Le propylène :

A la différence des tuyaux PVC, on ne doit pas coller mais il suffit de les emboîter puisqu’ils sont prévus d’un joint en caoutchouc pour l’étanchéité.
Les conduites de propylène résistent à la chaleur jusqu’à une température de 90oC.

3- Les raccords :

On trouve de nombreux raccords spécifiques au PVC qui autorisent une multitude de solutions de mise en œuvre. On distingue les raccords droits, les coudes, les embranchements, les réductions et les tampons. 

4- Les colliers de fixation :

Pour maintenir les tubes en place,on peut utiliser des colliers métalliques avec pattes à vis (pour créer des points fixes).
La distance à respecter entre chaque collier de fixation dépend de l’allure, horizontale ou verticale de la canalisation et de son diamètre.
Les colliers ne doivent pas être posés dans les coudes, mais dans les parties droites, à une distance d’au moins 15 cm des coudes.

( voir la pages des accessoires : http://forum-btp.blogspot.com/p/accessoires.html ).


VI- Les regards :
  
Pour l’entretien du réseau d’écoulement, et pour les débouchages éventuels, placer des regards en béton à des distances régulières, tous les 12m au maximum.
Ils sont placés également à chaque changement de diamètres, les branchements et les modifications des pentes.

VII- Le relevage des eaux :
  
Il est possible que les sous sols ou caves soient situés en dessous du niveau de l’égout. Dans ce cas on a recours à un système de relevage des eaux usées.
Le principe consiste à stocker momentanément les eaux usées dans une fosse dont elles seront extraites au moyen d’une pompe électrique jusqu’au niveau des égouts ou des collecteur principal.






Exemple d’utilisation d’une pompe 



VIII- Assainissement autonome :

1- La fosse toutes eaux :

Les systèmes d’assainissement autonomes doivent obligatoirement être conçus pour traiter toutes les eaux usées.
Les eaux pluviales sont rejetées en milieu naturel par drainage ou au puits filtrant.
Dans un système autonome, l’assainissement s’effectue en trois étapes :

-   Le prétraitement dans une fosse septique.
-   L’épuration des effluents pré-traités.
-   L’évacuation des effluents épurés. 

La fosse septique toutes eaux doit être placé le plus près possible de l’habitation. Elle est chargée de recevoir l’ensemble des eaux usées. Elle permet de retenir les matières solides et de liquéfier les boues qui se déposent au fond de la fosse.
Il est indispensable de ventiler la fosse septique pour évacuer les gaz de digestion. Afin d’éviter les nuisances, l’extraction des gaz se fait par une canalisation de Ф100mm minimum qui aboutit au dessus de la toiture de l’habitation.
Le volume de la fosse est déterminé en fonction du nombre de pièces principales et de chambres de l’habitation.




Dans le cas où la fosse toutes eaux est située à plus de 20m de la sortie des eaux usées ménagères, on prévoit un bac dégraisseur situé le plus près possible de l’habitation, en amont de la fosse. Ce dispositif permet de filtrer l’excès de graisse qui pourrait obstruer les canalisations.  

Les puits filtrant 










2- L’épandage :

Les effluents pré-traités dans la fosse septique sont ensuite dirigés vers un dispositif de traitement qui assure la deuxième et la troisième étapes de l’assainissement : l’épuration et l’évacuation. Le dispositif de traitement dépend directement des caractéristiques du terrain.
La solution la plus courante, et la plus recommandée, est l’épandage souterrain par tranchées d’infiltration. Avec ce dispositif, les effluents de la fosse septique sont répandus dans le sol par le biais de tuyaux d’épandage disposés dans des tranchées de faible profondeur ( 60cm environ), sur un lit de graviers recouvert de terre végétale. C’est le sol qui assure l’épuration et la dispersion des effluents dans le milieu naturel.   
Si le terrain est sableux, il sera difficile d’y pratiquer des tranchées. Dans ce cas, il faut réaliser un lit d’épandage, constitué d’une fouille unique à fond plat.

Les tuyaux d’épandage sont placés sur un lit de graviers recouvert de terre végétale. 



L’épandage souterrain 

Le lit d’épandage 


3- Les filtres de sable :

L’épandage n’est pas possible dans tous les sols, notamment si le terrain est argileux ou trop perméable. Dans ce cas, on utilise un système de filtrage au sable. Le sable remplace le terrain naturel dans sa fonction d’épuration. Il existe trois systèmes :
- Le filtre à sable vertical non drainé, où les effluents, après filtration par le sable et par une feuille anti-contaminante, sont dispersés dans le sol ;
- Le filtre à sable vertical drainé, où les effluents filtrés par le sable sont rejetés en milieu naturel ;

- Le filtre à sable horizontal, variante du filtre à sable vertical drainé, en cas de faible pente entre l’arrivée des effluents et la dissipation dans le milieu naturel.


Les systèmes de filtre à sable