Définition
On
donnera le nom de granulats à un ensemble de grains
inertes destinés à être agglomérés par un liant
et à former un agrégat.
Le terme agrégats, utilisé
pour désigner les granulats, est donc impropre. En effet, un agrégat est un assemblage hétérogène de
substances ou éléments qui adhérent solidement entre eux (le mortier ou le béton par
exemple).
Le terme granulat, au
singulier, désigne un ensemble de grains d'un même type, quel que soit le critère de classification
utilisé. Le terme granulats, au pluriel, sera utilisé pour désigner un mélange de grains de divers
types.
Les granulats utilisés dans
les travaux de génie civil doivent répondre à des impératifs de qualité et des caractéristiques
propres à chaque usage. Les granulats constituent le squelette du béton et ils représentent, dans les
cas usuels, environ 80 % du poids total du béton.
Les granulats sont
nécessaires pour la fabrication des bétons; du point de vue économique, car ils permettent de diminuer la
quantité de liant qui est plus cher; du point de vue technique, car ils augmentent la stabilité
dimensionnelle (retrait, fluage) et ils sont plus résistants que la pâte de ciment. Il faut par
conséquent, augmenter au maximum la quantité de granulats, en respectant toutefois les deux conditions
suivantes :
- Les granulats doivent satisfaire à certaines exigences de qualité;
- La qualité de pâte liante doit être suffisante pour lier tous les grains et remplir les vides.
Les essais effectués en
laboratoire portent nécessairement sur des quantités réduites de matériaux, ceux-ci devant
permettre de mesurer des paramètres caractéristiques de l'ensemble du matériau dans lequel on a
fait le prélèvement. Il faut que l'échantillon utilisé au laboratoire soit représentatif de l'ensemble.
Cette opération est généralement difficile, prend du temps et, parfois, est coûteuse, mais elle est
essentielle; souvent, les essais effectués sont sans valeur car ils ne sont pas représentatifs.
En général le prélèvement
d'échantillons se fait en deux temps:
- Prélèvement sur le chantier, la carrière ou l'usine d'une quantité de matériaux nettement plus grande que celle qui sera utilisée pour l'essai.
- Au laboratoire, prélèvement de la quantité nécessaire à l'essai et qui soit également représentative de l'échantillon de départ.
Lorsqu'il n'est pas possible
de prendre tout le tas et de le réduire, on procède à un prélèvement local.
Prélèvement
sur tas normaux :
- à la main, à l'aide d'une planche ou d'une plaque métallique.
- à la main, sur tas d'éléments grossiers (gravier concassé) par ratissage dans un récipient.
- au moyen d'une sonde, ouverture 4 ~ 6 cm, longueur 60 ~ 100 cm, extrémité taillée en sifflet.
Prélèvement
en laboratoire (échantillonnage en laboratoire)
Le passage de l'échantillon
total prélevé sur le tas à l'échantillon réduit, nécessaire à l'essai, peut se faire par quartage ou à l'aide
d'un échantillonneur. L'échantillon doit être séché à l'étuve à 105ºC s'il est exempt de
minéraux argileux, ce qui est rare, ou à 60ºC dans le cas contraire. Quartage
| Opération de quartage |
Échantillonneur :
Cet appareil de laboratoire,
permet de diviser facilement en deux parties représentatives la totalité d'un échantillon
initial, chaque moitié étant recueillie dans un bac de manière séparée.
La répétition en cascade de
cette opération, en retenant à chaque opération le contenu de l'un des bacs, permet d'obtenir l'échantillon nécessaire,
après trois ou quatre opérations identiques.
Échantillonneur pour gravier
|
Le procédé peut être résumé
par la (fig ci-dessous). Celle-ci permet de sélectionner une masse (m) à partir
d'un prélèvement de masse 3m.
Schéma d'une opération de répartition des matériaux en
utilisant de l'échantillonneur
|
Courbes granulométriques
Importance
de la composition granulométrique :
Les propriétés physiques et
mécaniques du béton dépendent de beaucoup de facteurs.
Généralement on souhaite
obtenir un béton résistant, étanche et durable. Pour atteindre ce but, il
faut:
- Que le béton à l'état frais soit facile à mettre en œuvre et à compacter (pour réduire la porosité).
- Un maximum de granulats par unité de volume de béton (pour réduire la quantité de pâte liante nécessaire pour remplir les vides, tous les vides devant être remplis de pâte liante).
- Un minimum de surface spécifique (pour réduire la quantité d'eau de gâchage et obtenir un rapport C/E plus élevé).
Par ailleurs :
- Il faut choisir Dmax aussi grand que le permet la dimension minimum de la pièce à bétonner et l'encombrement des granulats.
- La proportion de chaque dimension des grains doit être choisie de façon à remplir les vides laissés par les grains de dimensions supérieures.
- Il faut réduire la teneur en éléments fins au minimum requis pour obtenir une bonne maniabilité et une bonne compacité.
Les courbes granulométriques
apporteront quelques éléments de réponses à ces conditions.
La condition essentielle pour
obtenir le moins de vides possibles (meilleure compacité) dans un mélange de sable et gravillon est de: 35 % de sable de 0/5 et 65 % de gravillons 5/20.
Compacité d'un mélange de
grains fins et de grains grossiers
|
Les courbes granulométriques
des différents granulats peuvent être déterminées par l'essai de l'analyse granulométrique (NF P 18-560).
L'essai consiste à classer
les différents grains constituant l'échantillon en utilisant une série de tamis, emboîtés
les uns sur les autres, dont les dimensions des ouvertures sont décroissantes
du haut vers le bas. Le matériau
étudié est placé en partie supérieure des tamis et le classement des grains s'obtient par
vibration de la colonne de tamis.
On considère que le tamisage
est terminé lorsque le refus ne varient pas de plus de 1 % entre deux séquences de vibration
de la tamiseuse. On trace la courbe granulométrique sur un graphique comportant en
ordonnée le pourcentage des tamisats sous les tamis dont les
mailles D sont indiquées en abscisse
selon une graduation logarithmique. Par exemple pour le tracé de la courbe granulométrique d'un sable 0/5, on pèse
une certaine quantité (après séchage) soit 2 kg par exemple.
Le poids des tamisats
successifs permet de déterminer les pourcentages du tamisat (tableau 3.1)
correspondant à
chacun des tamis utilisés.
Tableau : Résultats d'une analyse granulométrique correspondant
à un sable
La courbe correspondant à ce sable normal, est présentée
sur la fig. 3.6, sur lequel ont été également portées les courbes
des sables très fins et grossiers ainsi que celles de graviers. La forme des courbes
granulométriques apporte les renseignements suivants:
- Les limites d et D du granulat en question;
- La plus ou moins grande proportion d'éléments fins; par exemple la courbe située au dessus de celle du sable normal correspond à un sable à majorité de grains fins et c'est l'inverse pour celle située en dessous. En effet, ces trois sables sont des sables 0/5 mm mais les proportions de grains fins (<0,5 mm par exemple ) sont pour chacun d'eux: 25%, 45% et 60%;
- La continuité ou la discontinuité de la granularité; par exemple, les courbes de sables sont continues mais la courbe du gravier 5/31,5 présente une discontinuité; en effet le palier s'étendant de 10 à 20 mm signifie que le granulat en question ne contient pas de grains compris entre 10 et 20 mm.
| Analyse granulométrique des différents cas |
Module de
finesse
Les sables doivent
présenter une granulométrie telle que les éléments fins ne soient ni en
excès, ni en trop faible proportion.
Si il y a trop de grains fins, il sera nécessaire d'augmenter le dosage en eau du béton tandis que si
le sable
est
trop gros, la plasticité du mélange sera insuffisante et rendra la mise en place
difficile. Le caractère plus ou moins fin d'un sable peut être
quantifié par le calcul du module de
finesse (MF). Celui-ci correspond à la somme de pourcentages des refus cumulés, ramenés à l'unité,
pour les tamis de modules 23, 26, 29, 32, 35, 38. Ce paramètre est en particulier utilisé pour
caractériser la finesse des sables à bétons.
Dans le cas de la courbe
granulométrique du sable normal, son module de
finesse est égal à :
MF = (98 + 90 + 75 + 53 + 28
+ 10)/100 = 3,54
Les dimensions nominales
normalisées des tamis, seuls appareils utilisés actuellement, sont les suivantes:
| Dimensions nominales des tamis |
Classification des granulats
On trie les granulats par
dimension au moyen de tamis (mailles carrées) et de passoires (trous circulaires) et on désigne
une classe de granulats par un ou deux chiffres. Si un seul chiffre est donné, c'est celui du
diamètre maximum D exprimé en mm; si l'on donne deux chiffres, le premier désigne le diamètre
minimum d, des grains et le deuxième le diamètre maximum D.
Un granulat est caractérisé
du point de vue granulaire par sa classe d/D. Lorsque d est inférieur à 2 mm, le granulat est désigné
0/D.
Il existe cinq classes
granulaires principales caractérisées par les dimensions extrêmes d et D des granulats rencontrées (Norme NFP18-101):
- Les fines 0/D avec D ≤0,08 mm,
- Les sables 0/D avec D ≤6,3 mm,
- Les gravillons d/D avec d ≥2 mm et D ≤31,5 mm,
- Les cailloux d/D avec d ≥20 mm et D ≤80 mm,
- Les graves d/D avec d ≥6,3 mm et D ≤80 mm,
Il peut être utile dans certains cas d'écrire la
classification suivante:
| Classes granulaires des granulats |
Les caractéristiques principales des granulats
Caractéristiques physiques :
(a) La masse volumique absolue :
La masse
volumique absolue d'un matériau est la masse d'un mètre cube de ce matériau, déduction faite de tous les
vides, aussi bien des vides entre les grains que des vides à l'intérieur des grains.
| Volume hachuré = Volume absolu (sans pores) |
La densité absolue est
le rapport de la masse absolue d'une unité de volume du matériau à température donnée à la masse
du même volume d'eau distillée à la même température.
(b) La masse volumique réelle :
La masse
volumique réelle d'un matériau est la masse d'un mètre cube de ce matériau
déduction faite des vides entre
particules. La déduction ne concerne pas les vides compris dans le matériau mais seulement ceux
entre les particules.
| Volume hachuré = Volume réelle (apparent) |
La densité réelle est
le rapport de la masse réelle d'une unité de volume du matériau sec dans l'air à température
donnée à la masse d'un égal volume d'eau distillée à la même température.
(c) La masse volumique apparente :
La masse
volumique apparente d'un matériau est la masse volumique d'un mètre cube
du matériau pris en tas,
comprenant à la fois des vides perméables et imperméables de la particule ainsi que les vides entre
particules. La masse volumique apparente d'un matériau pourra avoir une valeur différente suivant
qu'elle sera déterminée à partir d'un matériau compacté ou non compacté. Il faut donc
préciser :
masse volumique apparente à l'état compacté ou masse volumique apparente à l'état non compacté.
| Volume hachuré = Volume du récipient |
La densité apparente à
l'état compacté ou non compacté sera obtenue en établissant le rapport de la masse apparente d'une
unité de volume du matériau à température donnée à la masse d'une même quantité d'eau distillée
à même température.
La masse
volumique apparente d'un granulat dépend de la forme et de la granulométrie
des grains ainsi que le degré de
compactage et d'humidité. La valeur apparente est utilisée dans le cas ou l'on effectue les dosages
en volume des différentes composantes du béton. Cette méthode toutefois présente des
risques certains à cause du foisonnement. Le graphique ci-dessous donne
le foisonnement du sable en fonction de la teneur en eau.
Foisonnement du sable en fonction de la teneur en eau
|
(d) Absorption :
La plupart des granulats
stockés dans une atmosphère sèche pendant un certain temps, peuvent par la suite absorber de
l'eau. Le processus par lequel le liquide pénètre dans la roche et l'augmentation de poids qui
en résulte sont appelés absorption.
L'absorption peut varier dans
de très larges mesures suivant la nature du granulat. Elle peut varier de 0 à plus de 30 % du
poids sec pour granulat léger.
En général, les granulats
naturels utilisés pour la confection du béton sont peu poreux et n'absorbent pratiquement pas
d'eau lorsqu'ils sont gâchés avec le ciment et l'eau. Par contre, des granulats artificiels, tels
le LECA (Light expanded clay aggregate = agrégats légers expansés d'argile), sont poreux. Il
faut alors tenir compte de l'absorption de l'eau par les granulats lorsque l'on détermine la quantité
d'eau requise pour fabriquer le béton.
La figure suivante montre les
divers cas qui peuvent se présenter lorsqu'un granulat est poreux et qu'il est ou a été en contact
avec de l'eau.
Lorsque les granulats sont
légèrement poreux, il faut travailler, lors de l'étude de la composition d'un béton, avec des
matériaux saturés à surface sèche. On obtient cet état en conservant les granulats dans l'eau pendant
plusieurs heures et en les laissant sécher juste avant emploi jusqu'à ce que leur surface
devienne roulant dans un linge sec.
| La teneur en eau des granulats |
(e) Porosité et compacité :
(1) Porosité :
En
général la porosité est le rapport du volume des vides au volume total.
On peut aussi
définir la porosité comme le volume de
vide par unité de volume apparent.
(2)
Compacité :
La compacité est le
rapport du volume des pleins au volume total. Ou volume des
pleins par unité de volume apparent.
La porosité et la compacité sont liées
par la relation :
p + c = 1
La porosité et la compacité sont souvent
exprimées en %. La somme des deux est alors égale à 100%. En effet :
Si l'on connaît la masse
volumique D et la masse spécifique g d'un matériau, il est aisé de calculer sa compacité et porosité.
(f) Teneur en eau :
La teneur en eau d'un
matériau est le rapport du poids d'eau contenu dans ce matériau au poids du même matériau sec. On peut
aussi définir la teneur en eau comme le poids d'eau W contenu par unité de poids de
matériau sec.
A partir des définitions données plus haut, on
peut écrire les relations :
Les granulats utilisés pour
la confection du béton contiennent généralement une certaine quantité d'eau variable selon les
condition météorologique. L'eau de gâchage réellement utilisée est par conséquent égale à la
quantité d'eau théorique moins l'eau contenue dans les granulats. Il faut par conséquent disposer de moyens
pour mesurer combien il y a d'eau dans les granulats.
Actions
possibles de l'eau sur les matériaux :
Lorsque tous les vides d'un
corps sont remplis d'eau, on dit qu'il est saturé. Le degré de saturation est le rapport du
volume des vides rempli d'eau au volume total des vides. Il joue un grand rôle dans les
phénomènes de destruction des matériaux poreux par le gel. En se transformant en gel, l'eau
augmente de 9% en volume environ. La plupart des matériaux
gonflent lorsque leur teneur en eau augmente et, inversement lorsqu'elle diminue (bois, roches sédimentaires,
bétons, par exemple).
(g) Propreté et forme des granulats :
Propreté des
granulats :
Les granulats employés pour
le béton doivent être propres, car les impuretés perturbent l'hydratation du ciment et
entraînent des adhérences entre les granulats et la pâte. La propreté désigne :
d'une part, la teneur en
fines argileuses ou autres particules adhérentes à la surface des grains, ce qui se vérifie sur le
chantier par les traces qu'elles laissent lorsqu'on frotte les granulats entre les mains. D'autre part, les impuretés
susceptibles de nuire à la qualité du béton, parmi lesquelles on peut citer les scories, le charbon, les particules de
bois, les feuilles mortes, les fragments de racine.
| Détermination de l'équivalent de sable piston |
Dans le cas des sables, le degré
de propreté est fourni par essai appelé "équivalent de sable piston PS" (norme P
18-597) qui consiste à séparer le sable des particules très fines qui remontent par floculation à la partie
supérieure de l'éprouvette où l'on a effectué le lavage.
L'essai est fait uniquement
sur la fraction de sable 0/2 mm. La valeur de PS doit selon les cas être supérieure à 60 ou 65.
L'essai dit "équivalent de sable piston" permet de
mesurer le degré de propreté du sable
Valeurs
préconisées pour l'équivalent de sable par DREUX
Forme des
granulats :
La forme d'un granulat est défini
par trois grandeurs géométriques:
- La longueur L, distance maximale de deux plans parallèles tangents aux extrémités du granulat,
- L'épaisseur E, distance minimale de deux plans parallèles tangents au granulat,
- La grosseur G, dimension de la maille carrée minimale du tamis qui laisse passer le granulat.
Le coefficient d'aplatissement A d'un ensemble de granulats
est le pourcentage pondéral des éléments qui vérifient la relation :
| Forme d'un granulat |
Dans les mêmes
conditions L ≤G ≤E, on peut déterminer aussi :
La forme des
granulats influence:
- La facilité de mise en oeuvre et le compactage du béton.
- La compacité du mélange, donc le volume des vides à remplir par la pâte de ciment.
L'état de surface
des grains influence:
- La compacité du mélange.
- L'adhérence du granulat à la pâte de ciment.
La forme est
d'autant meilleure qu'elle est proche d'une sphère ou d'un cube :
Caractéristiques mécaniques
Méthodes de
mesures :
Les caractéristiques
mécaniques des granulats ne sont pas déterminées par des essais habituels de traction ou de compression.
Par contre, il existe des essais tentant de reproduire certaines sollicitations propres à des
usages spécifiques des granulats, par exemple le degré d'usure pour les granulats utilisés pour
les bétons routiers.
Essai Micro
Deval :
C'est un essai dont le
principe est de reproduire, dans un cylindre en rotation, des phénomènes d'usure. Les modalités de cet
essai font l'objet de la norme NF P 18-572
Essai Micro
Duval ;
Le principe de cet essai est
la détermination de la résistance à la fragmentation par chocs et à l'usure par frottements
réciproques. Il fait l'objet de la norme NF P 18-573.
Le coefficient Los Angeles
calculé à partir du passage au tamis de 1,6 mm, mesuré en fin d'essai, caractérise le granulat. Pour
les granulats susceptibles d'être soumis aux effets du gel, on peut mesurer le coefficient Los
Angeles après une série de 25 cycles gel/dégel (-25 ºC, +25 ºC) et le comparer au coefficient de
référence.
Les granulats sont classées
en 6 catégories allant de A à F, chacune d'elle devant les conditions
suivantes :
Catégories des granulats selon la résistance aux chocs et à l'usure |
Différents types de granulats :
Les granulats utilisés pour
le béton sont soit d'origine naturelle, soit artificiels.
Les granulats naturels Origine minéralogique :
Parmi les granulats naturels,
les plus utilisés pour le béton proviennent de roches sédimentaires siliceuses ou calcaires, de
roches métamorphiques telles que les quartz et quartzites, ou de roches éruptives telles que les
basaltes, les granites, les porphyres.
Granulats roulés et granulats de carrières :
Indépendamment de leur
origine minéralogique, on classe les granulats en deux catégories:
- Les granulats alluvionnaires, dits roulés, dont la forme a été acquise par l'érosion. Ces granulats sont lavés pour éliminer les particules argileuses, nuisibles à la résistance du béton et criblés pour obtenir les différentes classes de dimension. Bien qu'on puisse trouver les différentes roches selon la région d'origine, les granulats utilisés pour le béton sont le plus souvent siliceux, calcaires ou silico-calcaires.
- Les granulats de carrière sont obtenus par abattage et concassage, ce qui leur donnent des formes angulaires Une phase de pré-criblage est indispensable à l'obtention de granulats propres. Différentes phases de concassage aboutissent à l'obtention des classes granulaires souhaitées. Les granulats concassés présentent des caractéristiques qui dépendent d'un grand nombre de paramètres: origine de la roche, régularité du banc, degré de concassage … .La sélection de ce type de granulats devra donc être faite avec soin et après accord sur un échantillon.
Les granulats artificiels :
Sous-produits industriels, concassés ou non
Les plus employés sont le laitier cristallisé
concassé et le laitier granulé de haut fourneau obtenus par refroidissement à l'eau.
La masse
volumique apparente est supérieure à 1250kg/m3 pour le laitier cristallisé
concassé, 800kg/m3 pour le
granulé.
Ces granulats sont utilisés
notamment dans les bétons routiers. Les différentes caractéristiques des granulats de laitier et leurs
spécifications font l'objet des normes NF P 18-302 et 18-306.
Granulats à hautes caractéristiques élaborés industriellement :
Il s'agit de granulats
élaborés spécialement pour répondre à certains emplois, notamment granulats très durs pour
renforcer la résistance à l'usure de dallages industriels (granulats ferreux, carborundum…) ou granulats
réfractaires.
Granulats allégés par expansion ou frittage :
Ces granulats, très utilisés
dans de nombreux pays comme l'URSS ou les Etats- Unis, n'ont pas eu en France le même
développement, bien qu'ils aient des caractéristiques de résistance, d'isolation et de poids très
intéressantes.
Les plus usuels sont l'argile
ou le schiste expansé (norme NF P 18-309) et le laitier expansé (NF P 18-307). D'une masse
volumique variable entre 400 et 800kg/m3 selon le
type et la granularité, ils
permettent de réaliser aussi bien des bétons de structure que des bétons
présentant une bonne isolation
thermique.
Les grains de poids
intéressants puisque les bétons réalisés ont une masse volumique comprise entre 1200 et 2000kg/m3.
Les granulats très légers :
Ils sont d'origine aussi bien
végétale et organique que minérale (bois, polystyrène expansé). Très légers - 20 à 100kg/m3 - ils
permettent de réaliser des bétons de masse volumique comprise entre 300 et 600kg/m3.
On voit donc leur intérêt
pour les bétons d'isolation, mais également pour la réalisation d'éléments légers ( blocs coffrant, blocs de remplissage, dalles, ou rechargements sur planchers peu résistants ).
Expériences
1) Analyse granulométrique par voie sèche (sur Le sable)
But de l'essai :
L'analyse granulométrique
permet de déterminer la grosseur et les pourcentages pondéraux respectifs des différentes
familles de grains constituant les échantillons. Elle s'applique à tous les granulats de dimension nominale
inférieure ou égale à 63 mm, à l'exclusion des fillers.
A noter qu'il faut éviter la
confusion entre la granulométrie qui s'intéresse à la détermination de la dimension des grains et la
granularité
qui
concerne la distribution dimensionnelle des grains d'un granulat.
Principe de l'essai :
L'essai consiste à classer
les différents grains constituants l'échantillon en utilisant une série de tamis, emboîtés
les un sur les autres, dont les dimensions des ouvertures sont décroissantes du haut vers le bas. Le matériau
étudié est placé en partie supérieure des tamis et les classements des grains s'obtiennent par
vibration de la colonne de tamis.
Matériel nécessaire :
Des tamis dont les
ouvertures carrées, de dimension normalisée, sont réalisées soit à partir d'un maillage
métallique, soit par perçage d'une tôle. Les passoires, qui comportent des trous ronds percés dans une
tôle, ne sont plus utilisées actuellement. Pour un travail d'essai aux résultats reproductibles, il
est conseillé d'utiliser une machine à tamiser électrique qui comprime un mouvement vibratoire
horizontal, ainsi que des secousses verticales, à la colonne de tamis.
La dimension nominale de tamis est donnée
par l'ouverture de la maille, c'est-à-dire par la grandeur de l'ouverture
carrée. Ces dimensions sont telles qu'elles se suivent dans une progression géométrique de
raison de racine carré de 10, depuis le tamis 0.08 mm
jusqu'au tamis 80 mm. Pour des ouvertures inférieures à
0.08 mm, l'analyse granulométrique n'est pas adaptée et l'on peut procéder par sédimentométrie.
L'existence antérieure de passoires (trous ronds) a conduit à une double classification de tamis et des
passoires, tout en conservant pour chaque famille d'appareil la même progression géométrique des ouvertures.
Tamiseur électrique |
Afin d'éviter toute
ambiguïté, un tamis et une passoire équivalents ont été désignés par un même numéro
de module. Les dimensions nominales normalisées des tamis, seuls
appareils utilisés actuellement, sont les suivantes :
Tableau des
dimensions nominales des tamis.
Conduite de l'essai :
Cet essai peut s'appliquer
pour des granulats non souillés par une fraction argileuse significative.
Il est alors impératif de
prendre toutes les précautions nécessaires pour que les éléments fins, présents dans l'échantillon,
ne soit pas perdus.
Pour les échantillons pollués
par une fraction argileuse, il est nécessaire de procéder par voie humide. L'échantillon ainsi
préparé est alors séché à ( 110 ± 5 )°C. Après refroidissement il est pesé jusqu'à masse constante
( masse M 2 ). Le tamisage à sec peut alors être réalisé.
Dimension de tamis
utilisés :
Pour les sables, on
utilisera en général les tamis de modules 20, 23, 26, 39, 32, 35, 38. Pour les matériaux plus grossiers,
tous les tamis au-delà du module 38 seront utilisés.
Préparation de l'échantillon :
La quantité à utiliser doit
répondre à différents impératifs qui sont contradictoires:
- Il faut une quantité assez grande pour que l'échantillon soit représentatif.
- Il faut une quantité assez faible pour que la durée de l'essai soit acceptable et que les tamis ne soient pas saturés et donc inopérants.
Dans la pratique, la masse à
utiliser sera telle que : M = 0,2 D avec M, masse de l'échantillon en Kg et D diamètre du plus gros
granulat exprimé en mm
Description de l'essai :
Le matériau sera séché à
l'étuve à une température maximale de 105 °C. On emboite les tamis les uns sur les autres, dans un
ordre tel que la progression des ouvertures soit croissante du bas de la colonne vers le haut. En
partie inférieure, on dispose un fond étanche qui permettra de récupérer les fillers pour une
analyse complémentaire. Un couvercle sera disposé en haut de la colonne afin d'interdire toute perte
de matériau pendant le tamisage.
On appellera tamisat le poids
du matériau passant à travers un tamis donné et refus le poids de matériau retenu par ce même tamis.
Le matériau étudié est versé
en haut de la colonne de tamis et celle-ci entre en vibration à l'aide de la tamiseuse électrique.
Le temps de tamisage varie avec le type de machine utilisé, mais dépend également de la charge
de matériau présente sur le tamis et son ouverture. Un étalonnage de la machine est donc
nécessaire. On considère que le tamisage est terminé lorsque les refus ne varient pas de plus de 1 %
entre deux séquences de vibrations de la tamiseuse.
Le refus du tamis ayant la plus grande maille est
pesée. Soit R1 la masse de ce
refus.
Colonne de tamis |
Le refus du tamis immédiatement
inférieur est pesé avec le refus précédent. Soit R2 la masse du deuxième refus. Cette
opération est poursuivie pour tous les tamis pris dans l'ordre des ouvertures décroissantes.
Ceci permet de connaître la masse des refus cumulés Rn aux différents niveaux de la colonne de tamis. Le tamisat
présent sur le fond de la colonne du tamis est également pesé.
La somme des refus cumulés
mesurés sur les différents tamis et du tamisat sur le fond (fillers) doit coïncider avec le poids
de l'échantillon introduit en tête de colonne. La perte éventuelle de matériaux pendant l'opération
de tamisage ne doit pas excéder plus de 2% du poids total de l'échantillon de départ.
Les résultats
peuvent être présentés selon l'exemple suivant :
Dimensions
nominales des tamis.
Expression des résultats de la courbe granulométrique :
Les pourcentages des refus
cumulés, ou ceux des tamisats cumulés, sont représentés sous la forme d'une courbe granulométrie
en
portant les ouvertures des tamis en abscisse, sur une échelle logarithmique, et les
pourcentages en ordonnée, sur une échelle arithmétique. La courbe est tracée de manière
continue et ne peut pas passer rigoureusement par tous les points.
Courbe granulométrique d'un sable |
2) Mesure du Coefficient d'aplatissement des granulats
But de l'essai :
L'élaboration des bétons de
ciment, ainsi que la réalisation des corps de chaussées et des couches de roulement, nécessitent de
n'utiliser que des granulats ayant une forme assez ramassée, à l'exclusion des granulats
plats. En effet, ceux-ci ne permettent pas de réaliser un béton très compact, et, par ailleurs, en
technique routière, ils ne peuvent être utilisés car ils conduisent à des couches de roulement trop
glissantes.
La détermination du coefficient d'aplatissement est l'un des tests permettant de caractériser la forme plus ou moins massive
des granulats.
Matériel nécessaire :
Tamis à fentes
|
Le coefficient d'aplatissement s'obtient en faisant une double analyse granulométrique, en utilisant successivement, et
pour le même échantillon de granulat.
- Une série de tamis normalisés à mailles,
- Une série de tamis à fentes de largeurs normalisées.
Forme d'un granulat et coefficient d'aplatissement :
La forme d'un granulat est
définie par trois grandeurs géométriques :
- La longueur L, distance minimale de deux plans parallèles tangents aux extrémités du granulat,
- L'épaisseur E, distance minimale de deux plans parallèles tangents au granulat,
- La grosseur G, dimension de la maille carrée minimale du tamis qui laisse passer le granulat. Le coefficient d'aplatissement A d'un ensemble de granulats est le pourcentage pondéral des éléments qui vérifient la relation :
Principe de l’essai :
L’essai consiste en une
double opération de tamisage :
Le tamisage classique sur une
colonne de tamis normalisés à mailles carrées afin de séparer les granulats en une succession
de classes granulaires d/D dont les dimensions sons telles que D = 1,25d.
De ce fait, les classes de
grosseurs G ainsi définies sont telles qu’elles suivent la progression géométrique des ouvertures
des tamis utilisés au cours de l’analyse granulométrique.
Les différentes classes
granulaires d/D ainsi isolées sont tamisées une à une sur une grille à fentes parallèles
d’écartement e=d/1,58 (ce qui correspond aussi à : E=d/2).
On peut donc associer à
chaque classe granulaire d/D un tamis fente correspondant de largeur E, ce qui permet de définir des
coefficients d’aplatissement Ai partiels. Il est ensuite possible de déterminer un coefficient
d’aplatissement global A.
La correspondance entre
classes granulaires d/D et grilles à fentes de largeur E est donnée dans
le tableau
ci-après :
Tableau :
Correspondance entre classes granulaires d/D et largeur E des grilles
à fentes utilisées
Conduite de l’essai :
On opère, comme dans
l’analyse granulométrique, avec un échantillon représentatif de masse M 0,2D, D - étant le diamètre
maximum des granulats en millimètres, et M la masse de l’échantillon, exprimée en
kg.
L’échantillon est tamisé sur
un tamis de 4 mm d’ouverture et le refus de masse M0, qui est
pesé au gramme près, est utilisé
pour la détermination de A.
Le tamisage est effectué de
telle manière que l’essai 3.1 et chaque fraction d/D est pesée au gramme près, puis tamisée sur
le tamis à fentes d’écartement E correspondant. Le passant à travers chaque
grille est pesé au gramme près.
Expression du coefficient d’aplatissement A :
Pour une classe granulaire d/D donnée, on peut
définir un coefficient d’aplatissement partiel.
avec :
Mgi = masse de
la classe granulaire d/D,
Mei = masse
passant à travers le tamis à fentes d’écartement E correspondant. Le coefficient
d’aplatissement global A s’exprime en intégrant les valeurs partielles
déterminées sur chaque classe granulaire :
3) Mesure du coefficient d'absorption des sables (NF P 18-555)
But de la mesure :
Certains matériaux
granulaires peuvent présenter une porosité interne qui
est préjudiciable, en particulier, à la résistance
au gel des bétons. En effet, l'eau incluse dans le granulat provoque l'éclatement du béton lorsque
celui-ci est soumis de manière prolongée à des basses températures.
Principe de la mesure :
On détermine un coefficient
d'absorption, qui est défini comme le rapport de l'augmentation de la masse de l'échantillon
après imbibition par l'eau, à la masse sèche de l'échantillon. Cette imbibition est obtenue par
immersion de l'échantillon dans l'eau pendant 24 heures à 20 °C.
Le coefficient d'absorption (Ab) est défini par
la relation :
Ms = masse de l'échantillon
sec après passage à l'étuve à 105 °C.
Ma = masse de l'échantillon
imbibé, surface sèche déterminée comme suit.
Conduit de l'essai :
Après imbibition dans l'eau
pendant 24 heures, étaler l'échantillon sur une surface plane non absorbante et le soumettre à
un flux d'air chaud, tout en le remuant afin que la surface externe des grains sèche. Ce séchage
doit être effectué de manière douce afin de ne pas éliminer l'eau qui pourrait être piégée à
l'intérieur du granulat. Veiller également à ne pas perdre de grains de sable au cours de l'opération. Les
grains sont alors libres de toutes forces d'attraction capillaire. On peut vérifier que cet état
a été atteint en plaçant le matériau dans un moule tronconique, posé sur une surface plane non
absorbante, et en le compactant légèrement.
Moule et dame pour coefficient d'absorption des graviers |
4) Résistance au choc (Essai Los Angeles)
Principe de l'essai :
L'essai consiste à mesurer la
masse m d'éléments inférieurs à 1,6 mm, produits par la fragmentation du matériau
testé (diamètres compris entre 4 et 50 mm) et que l'on soumet aux chocs de boulets normalisés,
dans le cylindre de la machine Los Angeles en 500 rotations.
Formulation :
Si M est la masse du matériau
soumis à l'essai et m la masse des éléments inférieurs à 1,6 mm produits au cours de l'essai,
la résistance à la fragmentation aux chocs est exprimé par le coefficient Los
Angeles LA :
Cet essai est également
utilisé pour vérifier la sensibilité au gel des gravillons conformément à la norme NFP 18-593.
Soit LA le coefficient Los Angeles du gravillon. On mesure un deuxième coefficient Los Angeles sur
un échantillon de ce même gravillon ayant subi 25 cycles de gel-dégel. Soit LA coefficient obtenu. La sensibilité au gel du gravillon a pour expression :
Tableau : Catégorie et la quantité de la bille d'acier
pour l'essai.
5) Détermination de la masse volumique absolue d'un sable
ou d'un gravier
But de l'essai :
Cet essai a pour but de
permettre de connaître la masse d'une fraction granulaire lorsque par exemple on élabore une
composition de bétons. Ce paramètre permet, en particulier, de déterminer la masse ou le
volume des différentes classes granulaires malaxées pour l'obtention d'un béton dont les
caractéristiques sont imposées.
Détermination de la masse
volumique absolue :
La masse
volumique absolue ρs est la masse par unité de volume de
la matière qui constitue le granulat, sans tenir compte
des vides pouvant exister dans ou entre des grains. Il ne faut pas confondreρs avec la masse
volumique ρqui est la masse de matériau par unité de volume, celui ci intégrant à la fois les
grains et les vides. Les masses volumiques s'expriment en t/m3, en kg/dm3, ou en g/cm3. La masse
volumique absolue moyenne des granulats silico-calcaires est prise égale, en
première approximation, a 2,65 t/m3 ou 2,65 g/cm3.
Méthode de l'éprouvette graduée :
Cette méthode est très simple
et très rapide. Elle utilise du matériel très courant de laboratoire.
Toutefois sa précision est
faible.
- Remplir une éprouvette graduée avec un volume V1 d'eau.
- Peser un échantillon sec M de granulats (environ 300 g) et l'introduire dans l'éprouvette en prenant soin d'éliminer toutes les bulles d'air.
- Le liquide monte dans l'éprouvette. Lire le nouveau volume V2.
La masse volumique est alors:
Pour opérer dans de
bonnes conditions, utiliser une éprouvette graduée en verre de 500 cm3
de volume. La lecture des niveaux V1 et V2 doit se
faire en bas du ménisque formé par l'eau. En effet, celle-ci a tendance à
remonter sur les bords de l'éprouvette sur une hauteur de 1 à 2 mm, ce qui
fausse bien sûr la lecture des volumes si la lecture est effectuée en haut du
ménisque.
6) Mesure la propreté des graviers (l'essai d'équivalent de sable)
La propreté des granulats
peut s'apprécier de différentes façons telles que l'essai au bleu de méthylène, d'équivalent de sable à 10 % de
fines etc., mais dans ce cours, on va présenter seulement l'essai
d'équivalent de sable.
But de l'essai :
Cet essai a pour but de
mesurer la propreté des sables entrant dans la composition des bétons. L'essai consiste à séparer
les flocules fins contenues dans le sable. Une procédure normalisée permet de déterminer un
coefficient d'équivalent de sable qui quantifie la propreté de
celui-ci.
Principe de l'essai :
L'essai est effectué sur la
fraction 0/2 mm du sable à étudier. On lave l'échantillon, selon un
processus normalisé, et on
laisse reposer le tout. Au bout de 20 minutes, on mesure les éléments
suivants :
- hauteur h1 : sable propre + éléments fins,
- hauteur h2 : sable propre seulement.
On en déduit l'équivalent de sable. L'essai dit d'équivalent de sable - permet de déterminer le degré de
propreté du sable :
Selon que la hauteur h2 est mesurée
visuellement ou à l'aide d'un piston, on détermine ESV (équivalent de sable visuel) ou ES (équivalent de sable au piston).